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Inventorier les collections archéologiques

L’inventaire du mobilier archéologique consiste à répertorier des objets ou des lots d’objets provenant de divers types d’interventions : prospections, fouilles programmées, fouilles préventives ou découvertes fortuites.
On entend par mobilier archéologique, aussi appelé BAM (Biens archéologiques mobiliers), tous les objets (artéfacts) manufacturés et créés par l’Homme. Les écofacts (sédiments de toute nature) sont également considérés comme de la documentation scientifique, à partir du moment où ils font l’objet d’analyses et d’étude afin de contribuer à la connaissance d’un ou de plusieurs sites.

Pourquoi inventorier ?
L’inventaire est une phase indispensable dans une opération archéologique.
Il permet :
- de connaître la quantité et la nature des objets
- d’en assurer la conservation pérenne
- de les faire étudier par des spécialistes
- de les faire restaurer si nécessaire
- d’en assurer l’accessibilité auprès des professionnels du métier
- de participer à leur exposition au grand public

Pour qui inventorier ? 
L’inventaire s’adresse aux services de l’État (DRAC), qui est propriétaire d’une grande partie du mobilier archéologique, ainsi qu’aux étudiants, chercheurs et archéologues.

Est-ce une obligation ?
C’est une obligation légale, légiférée par deux arrêtés : l'arrêté du 25 août 2004 portant définition des conditions de bonne conservation des vestiges archéologies mobiliers et l'arrêté du 16 septembre 2004 portant définition des normes d’identification, d’inventaire, de classement et de conditionnement de la documentation scientifique et du mobilier issu des diagnostics et fouilles archéologiques.
Il s’agit de garantir les meilleures conditions de conservation et d’étude du mobilier archéologique. Dans ce but, un protocole a été mis en place par les services de l’État (DRAC) afin d’homogénéiser la pratique et la réalisation normalisée.
Un troisième arrêté, en date du 27 septembre 2004, portant définition des normes de contenu et de présentation des rapports d’opérations archéologiques, oblige par ailleurs les responsables d’opération à fournir l’inventaire complet du mobilier archéologique dans le rapport de fouille.
La législation du mobilier archéologique concerne également le statut des objets. En effet, la loi du 27 septembre 1941 stipule que le mobilier peut avoir plusieurs statuts de propriété en fonction de la nature de l’opération.

Dans le cadre de fouilles programmées, le mobilier appartient à 100 % au propriétaire du terrain. Dans le cadre d’une opération préventive, le mobilier est partagé à parts égales entre l’État et le(s) propriétaire(s) du (des) terrain(s). Afin d’éviter l’éparpillement des collections, et pour faciliter le contrôle sur la conservation du mobilier, la loi relative à la Liberté de la Création, à l’Architecture et au Patrimoine (LCAP) du 7 juillet 2016 a modifié les conditions d’attribution de la propriété. Ainsi, si le terrain concerné par une fouille, qu’elle soit préventive ou programmée, n’a pas changé de propriétaire depuis 2016, le mobilier revient de droit à celui-ci, qui peut toutefois y renoncer. En revanche, si le propriétaire d’un terrain a changé, le mobilier appartient à l’État.

Qu’inventorier ?
L’ensemble des mobiliers issus d’une opération archéologique est inventorié :
- terres cuites (céramiques, amphores, tuiles, briques),
- métal (fer, bronze, plomb, …),
- ossements (faune, humain), coquillages, …
- verre,
- monnaies,
- enduits peints,
- objets travaillés (en bois, en os, en métal, en plastique)
- matériau organique (bois gorgés d’eau, charbons, tissu, …)
- prélèvements sédimentaires.
Les objets sont triés et inventoriés selon leur catégorie de matériaux. Ce classement permet d’isoler les éléments fragiles et de les entreposer dans une réserve adaptée. En effet, les conditions de conservation d’objets métalliques ne sont pas aux mêmes normes de température et d’hygrométrie que de la terre cuite par exemple.

Qui inventorie ?
Le gestionnaire du mobilier archéologique (GMA) est l’agent spécialisé dans cette mission. Il peut intervenir pendant ou après la période de fouille. Pour chaque chantier, il assure le nettoyage, le séchage et le conditionnement des objets, dans le respect du protocole. Il réalise ainsi l’inventaire du mobilier, isole les éléments qui peuvent nécessiter une restauration. Il stocke de manière rationnelle, dans des contenants homologués et adaptés, les éléments dans le lieu de dépôt définitif. Il doit s’assurer aussi de la quantité d’objets qui est empruntée pour étude ou exposition, les dates de prise en charge et de retour. De même, il gère le départ et le retour des objets qui doivent être restaurés.

Les différentes étapes de l'inventaire ? 
Généralement, l’inventaire se déroule comme suit, en suivant l’ordre croissant des couches stratigraphiques et leur secteur de provenance :
- comptage des lots d’objets ou de l’objet isolé par catégorie de matériaux,
- pesage,
- photographie,
- saisie dans le classeur normalisé sous ©excel,
- conditionnement dans des sachets homologués sur lesquels sont reportées les informations sur la provenance du mobilier et le numéro d’inventaire,
- conditionnement dans des caisses homologuées et standardisées,
- isolement du mobilier fragile dans la réserve sensible.

Un inventaire définitif ? 
À chaque mouvement du mobilier (départ pour étude ou restauration, puis retour), il est nécessaire de faire le point sur l’intégralité des collections. Le GMA peut vérifier ponctuellement la préservation des sachets, la qualité des renseignements qui y figurent, l’état des contenants … Les spécialistes peuvent être amenés, dans le cadre de leur étude, à apporter des modifications à l’inventaire. En effet, un inventaire n’est pas figé. Il est en effet possible d’y faire des ajouts ou des suppressions. C’est par exemple le cas des prélèvements de sédiments qui ont au moins dix ans.

Où stocker ?
Jusqu’en 2008, les mobiliers mis au jour étaient entreposés soit dans les réserves des musées, soit dans des dépôts, parfois sans réelle gestion. Y venaient les archéologues qui avaient effectué des fouilles ou qui étudiaient les collections.
À partir de 2008, l’État a lancé une politique nationale qui prévoyait la mise en place de Centres de conservation et d’étude (CCE), dont la fonction est multiple :
- assurer la conservation optimale et pérenne des objets,
- faciliter l’accès aux objets pour les études

Le Département de la Charente a alors développé le dépôt de fouille départemental et l’a adapté aux conditions d’attribution de l’appellation CCE. Ainsi, depuis 2010, le territoire charentais est équipé d’un CCE départemental (pour en savoir +)

Il est géré depuis par deux agents de la collectivité, dont l’archéologue départementale. Ils ont pour mission de procéder à l’inventaire des anciennes fouilles (antérieures à 2008), à leur conditionnement, à leur conservation pérenne. Une convention lie par ailleurs le Département à l’État dans la gestion conjointe des biens archéologiques mobiliers. Les collections qui y sont entreposées concernent l’ensemble du territoire charentais et représentent toutes les périodes chronologiques, de la préhistoire à nos jours.